Archive pour décembre 2006

Caisse unique: la preuve par l’image

Dimanche 24 décembre 2006

Regardez nos voisins français comme ils sont heureux avec leur système étatique de sécurité sociale !
http://www.nack.ch/2007/01/11/plus-dargument-pour-la-caisse-inique/

Au Canada aussi, le système pose problème:
Condensé
Excursion dans la réalité de la caisse-maladie unique
Le Canada, pays de la caisse unique, des files d’attente et des médecins bien payés
par Peter Zweifel * [NZZ, le 22 juillet 2006]
Les débats menés sur l’initiative populaire pour une caisse-maladie unique, lancée par des partis de gauche, négligent souvent d’inclure les expériences faites à l’étranger.
Dans le texte suivant, l’auteur rapporte en quelques traits les observations de professionnels de la santé qui se sont rendus au printemps en Amérique du Nord pour y étudier le système de santé instauré. En tant que pays doté d’une caisse unique, le Canada est comparé aux Etats-Unis, où le système de santé est basé sur la concurrence entre les prestataires.
L’idée de remplacer les différents assureurs-maladie par une seule institution nationale, à l’instar de l’AVS, est tirée du modèle canadien. Le Service de la santé publique du canton de Vaud, notamment, a régulièrement reçu les conseils d’experts originaires du Québec pour l’aider dans sa planification des soins. C’est la raison pour laquelle, au mois de février, un groupe d’étude suisse composé de 10 délégués des assureurs-maladie, des fournisseurs de prestations, de l’administration publique et de l’industrie pharmaceutique a effectué un séjour au Canada, toujours en comparaison avec les Etats-Unis, pour apprendre à mieux connaître le système de la caisse unique “à la canadienne” (National Health Insurance).
Calgary – „Canada at its best“
Madame Annette Trimbee, sous-ministre adjointe Santé et mieux-être d’Alberta, se charge d’initier la délégation suisse aux bases du système de santé régional. Elle nous explique que les délais d’attente posent souvent problème. Suite à ces délais, les assurés se sont vus accorder le droit, en 2005, de recevoir un traitement dans une autre clinique de district que celle qui leur était attribuée.
Dr. Gerhard Huber, médecin suisse suivant une formation continue, nous fait visiter une clinique moderne, Foothills Hospital, située à proximité du centre de Calgary. Il s’arrête soudain pour nous indiquer un couloir, dans lequel nous découvrons, à notre grande surprise, 15 lits occupés par des patients. Peu après, nous nous rendons dans une pièce où attendent pas moins de 50 patients: il s’agit du service des urgences.
Nous apprenons que le personnel soignant effectue, certes, le triage des cas urgents très rapidement, mais que les patients doivent en moyenne attendre 8 à 10 heures avant qu’un médecin s’occupe d’eux. Et ce, dans la province la plus riche du Canada. Vancouver – pénurie de médecins et de lits.
La visite de l’association professionnelle des médecins, la British Columbia Medical Association à Vancouver, qui compte 95% des médecins de British Columbia parmi ses membres, se révèle également riche en découvertes. Nous apprenons que, depuis des années, Ottawa ne tient pas ses promesses en matière d’aide financière. Toutefois, les Etats membres n’appliquent pas la pression politique nécessaire pour renverser la barre. C’est avec fierté que nos hôtes nous présentent alors un “Policy Report”, un rapport englobant 30 propositions de réforme à l’attention du ministère local de la santé. Aucune de ces propositions ne contient cependant de nouveautés au niveau du concept. On néglige notamment d’y aborder le sujet de la rémunération basée sur la prestation individuelle, qui est pourtant bien connue pour inciter les fournisseurs de
prestations à en faire plus que nécessaire.
Par comparaison: la nouvelle loi sur l’assurance-maladie LAMal de 1994 permet aux assurés suisses d’opter pour des modèles dit de soins intégrés, qui poussent les médecins à économiser et qui sont donc proposés aux assurés à des primes moins élevées. Les responsables canadiens de la planification des soins ont longtemps craint de se retrouver confrontés, à cause de ladite rémunération basée sur la prestation individuelle, à une demande induite par les médecins. Associée à la densité croissante du nombre de médecins, cette demande pourrait créer d’énormes difficultés. Pour contrecarrer cet effet probable, ils ont donc systématiquement diminué l’effectif de médecins et le nombre de lits d’hôpitaux au cours de ces dernières années. En conséquence, le délégué du ministère de la santé local, chargé des négociations, est aujourd’hui tributaire de chaque médecin et de chaque hôpital, et n’occupe pas de position de force, bien au contraire, dans les négociations.
Les médecins sont en revanche ravis. En qualité de médecin dirigeant dans un hôpital, ils touchent en effet un revenu annuel s’élevant à 400 000 dollars canadiens, la prévoyance professionnelle étant en outre prise en charge par l’Etat. Bon nombre de médecins suisses spécialisés ne peuvent que rêver d’un tel montant en francs suisses.
Le groupe d’étude s’accorde à penser que la version canadienne d’une caisse-maladie unique ne serait guère à émuler en Suisse. Les politiques ne réussissent que trop à imposer leur volonté d’alléger leur budget grevé par les dépenses de santé, et la collusion est excessive entre eux et les fournisseurs de prestations, qui gèrent des moyens très réduits pour un revenu élevé. Mais les patients insatisfaits ont un moyen de calmer leurs frustrations: la majorité des Canadiens vivent plus ou moins à 3 heures de route de la frontière avec les Etats-Unis, où les patients recourent (à un prix élevé) aux prestations de santé auxquelles ils n’ont pas accès chez eux. Les Suisses devront-ils, eux aussi, envisager une telle soupape de sécurité à l’avenir, lorsqu’ils seront membres d’une caisse-maladie unique?

La caisse unique, “un monstre trop coĂ»teux”

Samedi 23 décembre 2006

Ron Hochuli, Berne
Samedi 23 décembre 2006

«Le seul mĂ©rite de cette initiative, c’est qu’elle permet d’exprimer des irritations face aux caisses privĂ©es.» A l’heure d’engager la campagne contre la caisse unique, vendredi Ă  Berne, Pascal Couchepin n’a pas mâchĂ© ses mots pour dĂ©noncer l’initiative, soutenue par la gauche, soumise Ă  votation le 11 mars. Pour le ministre de la SantĂ©, une caisse unique serait contre-productive tant du point de vue des prestations que de celui des coĂ»ts.

La confĂ©rence de presse du ministre Ă©tait initialement prĂ©vue après les FĂŞtes. «Mais ces derniers jours, les socialistes ont beaucoup parlĂ© du financement de la campagne des caisses. Un dĂ©bat intĂ©ressant, mais secondaire, par rapport Ă  l’enjeu essentiel de l’avenir de notre système de santé», a plaidĂ© le chef du DĂ©partement de l’intĂ©rieur. Les partisans de la caisse unique se sont en effet appuyĂ©s sur un avis de droit, publiĂ© le 12 dĂ©cembre, selon lequel SantĂ©suisse, l’association qui regroupe les assureurs maladie, violerait les droits fondamentaux. L’utilisation de fonds provenant de l’argent des primes dans une campagne de votation reprĂ©senterait une entrave disproportionnĂ©e et donc illicite, soulignait l’expertise.

Un plafond pour attirer les «Johnny Hallyday» à Gstaad

Pascal Couchepin, qui avait dĂ©jĂ  qualifiĂ© ce document de «très dogmatique» et ne tenant pas compte «de la vie concrète», a cette fois reprochĂ© aux initiants de se concentrer sur ces «aspects secondaires», parce qu’ils sont «visiblement gĂŞnĂ©s sur le fond». Le ministre a donc tenu Ă  «recentrer la discussion».

Il a prĂ©cisĂ© d’emblĂ©e que les partisans «parlent toujours d’une transparence accrue, mais n’Ă©voquent jamais la baisse des coĂ»ts». Et pour cause, selon lui. Une caisse unique aurait pour effet premier d’Ă©liminer la concurrence entre les caisses. «Or, c’est prĂ©cisĂ©ment cette concurrence qui pousse les assureurs Ă  innover sans cesse et Ă  offrir de nouvelles prestations, comme le managed care», a soulignĂ© le conseiller fĂ©dĂ©ral.

Dans un système de caisse unique, le catalogue des prestations n’Ă©voluerait pas, a-t-il argumentĂ©. «Et les assurĂ©s n’auraient plus le choix de la hauteur de leur franchise, puisque le principe mĂŞme de franchise disparaĂ®trait.» Tout comme les formes d’assurances permettant des rabais de primes et des incitations Ă  Ă©conomiser. Les clients qui ne seraient pas satisfaits n’auraient plus le choix.

«Le système de SantĂ©suisse a fait ses preuves, sur le fond. Quant au problème des primes, certes encore perceptible, il est en voie de règlement.» Selon Pascal Couchepin, une caisse unique n’est pas synonyme de rĂ©duction des coĂ»ts: «Si Migros, Coop et Denner fusionnaient, le prix des aliments ne baisserait pas pour autant.» Sans compter que l’organe de gestion de la caisse unique, composĂ© par les prestataires de soins, les pouvoirs publics «et de nĂ©buleux reprĂ©sentants», n’aurait aucun intĂ©rĂŞt Ă  se battre pour une baisse des primes, selon le ministre. La caisse unique s’apparenterait au final Ă  un «monstre non dĂ©mocratique trop coĂ»teux».

Dans les faits, «les primes seraient les mĂŞmes de Chiasso Ă  Bâle et de Genève Ă  Romanshorn.» Dans ces conditions, il y aurait forcĂ©ment un nivellement par le haut, prĂ©dit le conseiller fĂ©dĂ©ral. Quant au mode de dĂ©finition des primes, en fonction du revenu et de la fortune, il dĂ©boucherait sur un nouvel impĂ´t, dont «la classe moyenne fera inĂ©vitablement les frais». «Il y aura en effet un plafond. Parce qu’avec des primes Ă  30 millions de francs, je doute qu’il y ait beaucoup de «Johnny Halliday» qui viennent s’installer Ă  Gstaad.»

Transition problématique

Par ailleurs, se poserait la question de l’organe habilitĂ© Ă  fixer le taux des primes. «Si c’est le parlement, il refusera systĂ©matiquement des hausses en annĂ©e Ă©lectorale, et la caisse finira par ĂŞtre surendettĂ©e.»

Enfin, a interrogĂ© Pascal Couchepin, comment se dĂ©roulerait la pĂ©riode de transition de trois ans avant l’entrĂ©e en fonction de la caisse unique, si celle-ci est acceptĂ©e? «Avant de transfĂ©rer leurs actifs Ă  la nouvelle caisse, les assureurs joueraient avec leurs rĂ©serves pour baisser leurs primes, afin d’acquĂ©rir des clients pour de futures assurances complĂ©mentaires. Il ne restera donc rien…»

Le PS, qui s’apprĂŞte Ă  lancer sa campagne d’affichage, a immĂ©diatement contre-attaquĂ© via un communiquĂ©: «Le fonctionnement de 87 caisses est «une absurditĂ© qui coĂ»te un demi-milliard de francs», note le prĂ©sident du PS Hans-JĂĽrg Fehr, qui promet des primes plus basses Ă  deux tiers de la population, grâce Ă  la caisse unique.

L’idĂ©e d’une caisse unique sĂ©duit certains reprĂ©sentants de la droite. Mais comme l’explique le conseiller d’Etat genevois Pierre-François Unger, qui rejette l’initiative, «les primes ne doivent pas ĂŞtre dĂ©pendantes du revenu».

Santé Suisse: le meilleur système au monde !

Jeudi 14 décembre 2006

Santé Suisse
Publié le: novembre 2006
Le système de santé suisse est sans doute l’un des meilleurs du monde, mais à quel prix ? C’est la question posée par une étude récente conjointe de l’OCDE et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La Suisse a le deuxième niveau le plus élevé de dépenses de santé, à 11,5 % du PIB, alors que la moyenne de l’OCDE se situe à 8,8 %. Ces dépenses ont constamment augmenté.

« La Suisse doit développer des politiques plus efficientes si elle veut mieux maîtriser ses dépenses de santé à l’avenir », indique John Martin, Directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales à l’OCDE.

Le rapport recommande des mesures comme des forfaits pour les soins hospitaliers et davantage de concurrence sur le marché des médicaments. 26 systèmes semi-autonomes gèrent le système de santé suisse. Selon le rapport, avec le vieillissement de la population et la technologie poussant les coûts à la hausse, il faudra un nouveau système de gouvernance pour réaliser des économies à long terme.

La Suisse consacre seulement 2,2 % de ses dépenses de santé à la prévention des maladies et à la promotion de la santé. Selon le docteur Marc Danzon, Directeur régional de l’OMS pour l’Europe, « C’est en ciblant les groupes à risque que l’on permettra à l’ensemble de la population de bénéficier de la promotion de la santé et de la prévention des maladies ».

Pour en savoir plus sur Examens de l’OCDE des système de santé : Suisse (Paris, 2006), consultez www.oecd.org/sante ou commandez l’ouvrage sur www.ocdelibrairie.org.

©L’Observateur de l’OCDE, n°257, octobre 2006

NON A LA CAISSE UNIQUE !

Mercredi 13 décembre 2006

(Seul l’exposé prononcé fait foi) Non à la caisse unique et à l’introduction des primes liées aux revenus. Le diagnostic est posé, l’initiative propose une mauvaise thérapie. Par Thérèse Meyer, conseillère nationale PDC/FR Le système de santé a besoin de réformes, de vraies réformes, car l’augmentation des coûts de la santé est un fardeau lourd que portent la population et surtout les familles avec des enfants. Nous sommes tout à fait conscients de cela et nous oeuvrons en ce sens. 1. Primes dépendantes du revenu : probable doublement du mon tant des impôts cantonaux Avant d’exposer les réformes nécessaires pour bénéficier d’un système de qualité au coût le plus juste, je souhaite soulever un aspect de l’initiative qui me semble très dangereux et qui pénaliserait une fois de plus la classe moyenne sans avantager les personnes à revenus modestes. L’initiative prévoit non seulement l’introduction de la caisse unique mais éga-lement l’introduction des primes liées aux revenus. Le résultat sera le suivant, une fois de plus c’est la classe moyenne qui payera les frais et devra supporter des charges supplémentaires. Si les primes d’assurance-maladie sont calculées en fonction du revenu, il faudra répartir le volume de financement de l’assurance obligatoire des soins, c’est-à-dire un montant de plus de 20 milliards de francs. Pour la classe moyenne cela signifie une imposition supplémentaire en moyenne une fois supérieure, soit le double des impôts cantonaux. C’est inconcevable et cette charge supplémentaire ne peut pas être assumée par la classe moyenne. Les personnes à revenus modestes ne bénéficieront plus de l’abaissement actuel des primes, car il serait, alors injuste de faire appel deux fois à la solidarité : 1 fois par le biais des primes liées au revenu et la 2e fois par les impôts généraux. Une proposition similaire a été repoussée à 70% par le peuple, il n’y a pas si longtemps. La responsabilité suscitée chez les assurés, qui peuvent, par le choix de franchises plus élevées et par une consommation modérée, bénéficier de primes plus avantageuses sera complètement abolie et les coûts totaux grimperont, c’est sûr. 2. Les vraies solutions sont apportées par les révisions légales en cours
Des rĂ©formes sont nĂ©cessaires, elles sont en route, elles sont une bien meilleure thĂ©rapie qui doit guĂ©rir en profondeur. 2.1 Le financement hospitalier La rĂ©vision actuelle de la LaMal s’attaque aux problèmes actuels du système. Ainsi, dans le cadre du financement des hĂ´pitaux nous souhaitons introduire un financement via des forfaits liĂ©s aux prestations pour accroitre la transparence, d’inciter Ă  une plus grande efficience et cerner les coĂ»ts. Les rĂ©formes dans le domaine du financement des hĂ´pitaux sont très importantes, car les coĂ»ts des hospitalisations stationnaires reprĂ©sentent 23,3% des coĂ»ts de l’assurance ma-ladie obligatoire ou 5,213 Mia de francs. C’est la part la plus importante. 2.2 Les rĂ©seaux de soins Un autre projet de rĂ©vision important concerne les rĂ©seaux de soins. Je suis persuadĂ©e que la gestion de l’ensemble d’un traitement au sein d’un rĂ©seau intĂ©grĂ© de mĂ©decins peut considĂ©rablement accroĂ®tre la qualitĂ© du traitement. Les rĂ©seaux de soins permettent Ă©galement de limiter les dĂ©penses de santĂ© en conservant la mĂŞme qualitĂ© de soins, voire en l’amĂ©liorant. L’expĂ©rience des cercles de qualitĂ© entre mĂ©decins, pharmaciens et assureurs a permis d’économiser des centaines de milliers de francs. 2.3 La carte de santĂ© L’introduction de la carte de santĂ© Ă©vitera le gaspillage et appellera tous les acteurs de la santĂ© : prestataires de soins, assureurs et patients Ă  plus de responsabilitĂ© quant au traitement et au comportement : plus d’examen Ă  double, de tarifs surfaits, de tourisme mĂ©dical inutile et qualitĂ© de traitement accrue. 2.4 AmĂ©lioration des subventionnements de primes pour les familles Le parlement a introduit cette annĂ©e un nouvel article qui soulagera les familles ayant des bas et des moyens revenus, grâce Ă  une obligation faite aux cantons de rĂ©duire de 50% au moins les primes des enfants et des jeunes adultes en formation. Cette modification deviendra obligatoire pour les cantons dès le 1er janvier 2007. Ces mesures concrètes, acceptĂ©es pour certaines ou prĂŞtes Ă  ĂŞtres discutĂ©es au parlement seront plus efficaces. 3. Poursuivre les amĂ©liorations en cours et rejeter une solution il-lusoire La transparence des comptes des assureurs-maladie dans l’assurance de base doit ĂŞtre complète, les amĂ©liorations dans ce domaine doivent ĂŞtre poursuivis. L’effort dans la fixation des prix de mĂ©dicaments et l’emploi des gĂ©nĂ©riques doivent ĂŞtre poursuivis aussi. La caisse-maladie unique n’offre aucune solution aux problèmes actuels auxquels fait face la LaMal. Elle ne contribuera en rien Ă  limiter l’Ă©volution des coĂ»ts, au contraire, en diluant la responsabilitĂ© des assurĂ©s, ceux-ci augmente-ront.
La révision de la LaMal est en cours. Elle s’attaque à la racine du problème diagnostiqué et non seulement aux symptômes, elle apporte des solutions réelles pour établir des soins de qualité au meilleur prix.