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La CSS avale INTRAS…

Dimanche 9 décembre 2007

17/11/2007
fusion
La Chrétienne sociale avale Intras et devient leader des caisses-maladie
La Chrétienne sociale assurance (CSS) met la main sur Intras et devient la plus grande caisse-maladie du pays. Ce géant détient une part de marché de 18% et compte 1,6 million d’assurés. Il encaissera pour 4,5 milliards de francs de primes par année.
Pour les responsables des deux sociétés, l’opération était quasi programmée. Aujourd’hui, une taille critique est nécessaire pour parvenir à gérer les coûts de manière rationnelle, a relevé à Genève le président de la direction générale de la CSS, Georg Portmann.

Plus l’entreprise est grande, mieux elle parviendra à négocier les tarifs qui détermineront le niveau des primes. Sa force de frappe en matière de marketing sera aussi beaucoup plus importante, sans parler de son poids lorsqu’il s’agira d’aller négocier auprès des responsables politiques, a noté Georg Portmann.

Pour Intras, souvent décrite comme la plus petite des grandes caisses-maladie, l’intégration au sein du groupe CSS lui permettra d’assurer sa pérennité. La fusion ne devrait conduire à aucune suppression d’emplois. Les près de 2000 employés de la CSS et les 350 collaborateurs d’Intras n’ont, en principe, rien à craindre.

Les époux s’avèrent très complémentaires. La CSS dispose d’une plus grande expertise dans le domaine de l’assurance perte de gain et de l’assurance accident. Intras amène, elle, une clientèle issue de la Genève internationale, puisqu’elle est le partenaire privilégié de certaines organisations et grandes entreprises du bout du Léman.

La fusion entre la CSS et Intras n’est probablement que le prélude à un mouvement de concentration plus vaste dans le secteur. Actuellement, 96 acteurs se partagent le marché de l’assurance maladie. A terme, il devrait en rester une quinzaine, a estimé le patron d’Intras, Jean-Yves Rapin.

D’ici à à février, l’opération doit encore recevoir l’aval des autorités compétentes, à savoir l’Office fédéral de la santé publique, l’Office fédéral des assurances privées, la Commission de la concurrence et le Département fédéral de l’intérieur. Un feu vert qui ne devrait être qu’une formalité.

La CSS, qui était jusqu’à aujourd’hui le deuxième assureur maladie du pays, semble loin d’être rassasiée. Le groupe lucernois n’a pas exclu de mettre la main sur d’autres concurrents si l’occasion se présentait, a souligné Georg Portmann.

Grâce à cette fusion, les deux entreprises espèrent améliorer leurs prestations pour les assurés qui, au final, pourraient bénéficier d’une baisse de primes. Sur ce dernier point, Jean-Yves Rapin s’est toutefois voulu pruden.

Enfin, avec plus de 28 000 assurés, le nouveau groupe sera le deuxième assureur du canton de Neuchâtel, derrière la société vaudoise Assura. / ats

«Cette fusion était attendue, mais elle nous angoisse»
L’annonce de la fusion de la CSS avec Intras ne surprend guère les acteurs du marché. Mais tandis que Santésuisse salue les avantages pour les clients, l’Association suisse des assurés (Assuas) est très pessimiste sur les inéluctables concentrations.

«Nous ne sommes pas surpris, car les fiançailles s’annonçaient, mais cette fusion nous angoisse», a indiqué hier Christian Canela, juriste à l’Assuas. Selon lui, ce rapprochement montre que la prétendue concurrence entre caisses-maladie est un leurre et illustre la désinformation dont a été victime le peuple suisse lors de la votation sur la caisse unique, en début d’année. «Dans moins de dix ans, il pourrait bien n’y avoir que deux ou trois caisses-maladie», a estimé Christian Canela. Or, les Suisses sont à la merci des assureurs. Quelque 150 000 personnes ne sont plus couvertes à cause de difficultés de paiement, a rappelé le juriste.

Le processus de concentration est inéluctable, a pour sa part relevé Nello Castelli, porte-parole de Santésuisse. Mais la fusion permet aux caisses de s’adapter au système concurrentiel voulu par le peuple. Le nombre d’assureurs recule, mais ceux-ci deviennent plus concurrentiels pour les clients. Grâce aux synergies, ces derniers peuvent réduire leurs coûts au maximum, a-t-il argumenté.

Pour l’association faîtière des assureurs maladie, il ne faudrait toutefois pas en arriver à une situation de monopole ou d’oligopole avec deux caisses.

En charge de la santé publique, le Département fédéral de l’intérieur «a pris acte» du rapprochement entre les deux caisses-maladie. Pour Pascal Couchepin, l’important est qu’une situation de concurrence persiste. Pour le reste, c’est le marché qui décide. / ats