Archive pour juillet 2014

400 mĂ©decins s’unissent

Mercredi 30 juillet 2014

Plus de 400 mĂ©decins ont formĂ© un comitĂ© en faveur de la caisse publique d’assurance maladie qui sera soumise en votation le 28 septembre. Pour eux, le système basĂ© sur la concurrence ne fonctionne pas. La soixantaine de caisses privilĂ©gient leurs bĂ©nĂ©fices et entravent le travail des mĂ©decins par trop de paperasse.

«La pseudo-concurrence engendre peu de gagnants, ce sont surtout tous ceux qui paient des primes qui se retrouvent perdants», soutient le comité nouvellement créé qui a tenu conférence de presse mardi à Berne.

Pour René Haldemann, médecin de famille, «les caisses se piquent les patients dits à bons risques et cherchent à se débarrasser des assurés trop chers, surtout les malades chroniques et les personnes âgées».

Cette sélection des risques est un défaut fondamental du système actuel: elle est cynique, antisociale et contraire à une bonne prise en charge de la population, car elle exclut les personnes qui ont le plus besoin de protection, ajoute son confrère, Hans Stalder, ancien médecin en chef des HUG.

Les caisses usent de toutes sortes d’astuces pour dĂ©courager les assurĂ©s chers: dĂ©marchage sans suite dès lors qu’il s’agit de malades chroniques, offres de prĂ©vention ciblĂ©es pour les jeunes, consultation tĂ©lĂ©phonique obligatoire avant de se rendre chez le mĂ©decin, frais de pharmacie Ă  la charge des assurĂ©s avant d’ĂŞtre remboursĂ©s, ce qui peut peser lourd pour des mĂ©dicaments coĂ»teux.

Trop de bureaucratie

Les praticiens pointent du doigt un autre dĂ©faut: les 61 caisses imposent chacune leur organisation, provoquant un Ă©norme travail administratif pour les mĂ©decins. Bien que la prestation soit la mĂŞme dans le domaine de l’assurance de base, il existe quelque 300′000 primes diffĂ©rentes, variant selon l’assureur, l’âge, le sexe, le canton ou le modèle d’assurance. Cela signifie une montagne de paperasse en cas de changement de caisse.

Pour la rĂ©Ă©ducation, la garantie de paiement est presque systĂ©matiquement retardĂ©e ou intervient après des questions chicanières. «Cette guerre bureaucratique nous empĂŞche de consacrer du temps aux patients», estime Anna Andermatt, mĂ©decin-assistante. Selon une rĂ©cente enquĂŞte de la FĂ©dĂ©ration des mĂ©decins suisses (FMH), les mĂ©decins en hĂ´pital passent plus de temps en tâches administratives qu’auprès des patients.

Plus globalement, les mĂ©decins partisans de l’initiative estiment qu’il en va de la libertĂ© de choix du mĂ©decin. Les caisses privĂ©es tentent elles au contraire de choisir les mĂ©decins et les patients sur le seul critère de coĂ»t. Avec une caisse publique, la suppression de l’obligation de contracter serait dĂ©finitivement enterrĂ©e, clament-ils.

FMH: liberté de vote

Par ailleurs, les diffĂ©rents modèles d’assurance seraient maintenus et mĂŞme mieux ciblĂ©s. Contrairement Ă  la situation actuelle, cela se ferait avec des remises de primes qui seront socialement Ă©quitables, selon eux. Le dĂ©bat sur la compensation des risques serait Ă©galement rĂ©glĂ©.

L’initiative populaire du camp rose-vert «pour une caisse publique d’assurance maladie» prĂ©voit la crĂ©ation d’une institution nationale avec des agences cantonales qui Ă©tabliront les primes et les encaisseront.

Compte tenu des nombreux avis divergents exprimĂ©s au sein de la corporation, la FMH recommande la libertĂ© de vote. En revanche, l’Association suisse des mĂ©decins-assistants et chef de clinique (ASMAC) soutient l’initiative.
(ats/Newsnet)

Créé: 29.07.2014, 15h30
Source 24 HEURES du 29.7.2014

Notre commentaire

Il est tout de mĂŞme surprenant que l’on se plaigne de surcharge administrative que les caisses maladie imposeraient aux mĂ©decins et que ces mĂŞmes personnes pensent qu’avec une caisse publique, cela pourrait diminuer. Tout ce qui est Ă©tatisĂ© est gĂ©nĂ©ralement rĂ©putĂ© pour justement vous surcharger de paperasse et de crĂ©er des documents compliquĂ©s et très souvent incomprĂ©hensibles. J’en veux pour preuve les documents Ă  remettre aux caisse de chĂ´mage, aux caisses de compensation et autres organismes d’Etat. Avez-vous pris la peine de lire les documents du dernier recensement fĂ©dĂ©ral ? Cela se passe de tout commentaire. Dommage qu’on ait pas dans ce pays un Coluche pour en dĂ©crire les inepties. Peuple Suisse, ne changez pas votre système de santĂ©, vous allez amèrement le regretter. Mieux vaut un système efficace “amĂ©liorable” qu’une machine Ă  gaz dont aucun pays qui a choisi un tel système n’y trouve son compte. Pourquoi cela fonctionnerait-il chez nous ??? La FMH ne s’y est pas trompĂ©e, elle recommande la libertĂ© de vote.
Gilbert Michel, conseiller indépendant