Archive pour septembre 2014

Caisse publique: le NON DES URNES

Lundi 29 septembre 2014

Votations fĂ©dĂ©rales • «Une gifle»: Ă  l’instar de la «Tribune de Genève», la presse romande pointe le «Röstigraben» entre AlĂ©maniques et Romands, au lendemain du «non» des Suisses Ă  l’initiative pour une caisse maladie unique. L’idĂ©e d’une caisse publique rĂ©gionale n’apparaĂ®t cependant pas comme la solution.

«Le Röstigraben Ă©tait attendu, il est au rendez-vous», relève «Le Temps», qui note toutefois que la Suisse alĂ©manique a refusĂ© l’initiative moins nettement que lors de la prĂ©cĂ©dente tentative de la gauche, il y a sept ans.

La diffĂ©rence d’apprĂ©ciation du rĂ´le de l’Etat entre AlĂ©maniques et Romands «est toujours bien là», remarque «La Liberté». «Face Ă  une question Ă©motionnelle et très complexe (…) les francophones font instinctivement confiance Ă  l’Etat», Ă©crit «L’Agefi».

Pour «Le Journal du Jura», les Suisses ont estimĂ© que la refonte du système de santĂ© Ă©tait une «aventure» trop radicale. MalgrĂ©, une «opacitĂ© aveuglante» de l’actuelle assurance-maladie, ils ont prĂ©fĂ©rĂ© s’accrocher Ă  «l’illusion d’un libre choix en matière de santé», surenchĂ©rit «Le Nouvelliste».

«Ras-le-bol»

«Le Matin» voit lui dans ce résultat «un vrai ras-le-bol du système de santé actuel» exprimé par les Romands. La défiance des assurés croît de plus en plus face à un «système opaque et enclin aux dérapages», ajoute «24 Heures».

Mais la gauche n’a pas tout perdu avec ce troisième Ă©chec devant le peuple, relève la presse romande Ă  l’unisson. Pour «La Tribune de Genève, «l’épĂ©e de Damoclès de l’initiative» a exercĂ© suffisamment de pressions sur le Parlement pour faire passer des lois pour restreindre la chasse aux bons risques et mieux encadrer les caisses maladie. «Un progrès très important», selon «Le Temps».

La proposition des conseillers d’Etat vaudois Pierre-Yves Maillard et genevois Mauro Poggia d’instaurer des caisses publiques rĂ©gionales n’apparaĂ®t cependant pas comme une solution pour la presse romande. Cette dĂ©marche ressemble plus Ă  une «vaine croisade» «des mauvais perdants», ajoute la «Tribune de Genève».

Dans tous les cas, les Suisses ne peuvent pas se contenter de réformes «interminables», note «Le Matin». «Il est rare que les promesses et la patience suffisent à guérir un malade».
ats / LA LIBERTE DU 29.9.2014

NOTRE COMMENTAIRE:

Ainsi, le Peuple Suisse a tranchĂ© une 3ème fois par un confortable NON Ă  un système Ă©tatique “Ă  la française”. Tout le monde souhaite des primes plus avantageuses mais pas Ă  n’importe quel prix. La qualitĂ© reconnue du système a fait la diffĂ©rence. EspĂ©rons que les initiants respectent la dĂ©mocratie et travaillent Ă  la recherche de solutions plutĂ´t qu’Ă  une rĂ©volution que personne ne veut. Il n’y a pas de miracle, 5% de frais administratifs et 95% de prestations, c’est bien sur ces 95% qu’il faut travailler.
G. Michel, conseiller indépendant

CAISSE UNIQUE

Samedi 13 septembre 2014

L’initiative populaire «Pour une caisse publique d’assurance-maladie» met en danger notre système de santé sans pour autant permettre des économies de coûts. Or, notre système fonctionne plutôt bien, l’ASA rejette donc cette initiative. Le Conseil fédéral recommande aussi aux électeurs de déposer un NON dans les urnes le 28 septembre 2014.
Exposé de la situation
L’initiative populaire «Pour une caisse publique d’assurance-maladie» prĂ©voit que l’assurance-maladie sociale – c’est-Ă -dire l’assurance de base – soit dĂ©sormais mise en Ĺ“uvre par une caisse-maladie de droit public. Il s’agit ainsi de rĂ©duire les coĂ»ts du système de santĂ©. Le Conseil fĂ©dĂ©ral rejette l’initiative. Les opposants Ă  l’initiative estiment totalement irresponsable l’abandon pur et simple du système actuel puisqu’il a dĂ©jĂ  largement fait ses preuves.
Position de l’ASA concernant la caisse unique
L’ASA rejette l’initiative. Du point de vue des assureurs-maladie, trois raisons principales s’opposent à l’introduction d’une caisse unique.
Mise sous tutelle de la population
Avec une caisse unique, les assurés ne pourraient plus choisir comment ils souhaitent être couverts. En outre, ils ne pourraient plus non plus changer d’assureur lorsqu’ils ne sont pas satisfaits de la qualité des prestations reçues. Seule la concurrence incite les assureurs-maladie à proposer des produits novateurs et répondant aux besoins des assurés, car ils sont tenus de se battre pour obtenir les faveurs des clients. C’est ce qui explique le choix actuellement possible entre le modèle du médecin de famille, celui du système HMO et le modèle Telmed.
Coûts en hausse
La concurrence entre les assureurs oblige ces derniers à surveiller leurs coûts au plus près. Une caisse unique supprimerait cette incitation. Les frais administratifs et les coûts des prestations augmenteraient inévitablement. Les frais administratifs des assureurs-maladie sont près de 5% inférieurs à ceux des autres assurances sociales publiques et déjà de loin les plus faibles aujourd’hui. Ils ne seront pas moins élevés avec une caisse publique monopoliste. Il ressort d’un rapide tour d’horizon sur la scène internationale que les systèmes publiques de santé sont confrontés à d’importants problèmes et sont, pour certains, endettés. Or, c’est loin d’être le cas pour le système de santé suisse qui fonctionne très bien..
Menace de rationnement des prestations médicales
En Suisse, toute personne malade peut compter sur un traitement mĂ©dical rapide et de qualitĂ©, et ce quels que soient ses revenus, son âge et son Ă©tat de santĂ©. Les frais de traitement sont Ă  la charge de l’assurance de base. En revanche, une caisse unique ne manquera pas de supprimer certaines prestations mĂ©dicales Ă  plus ou moins brève Ă©chĂ©ance.
Notre commentaire:
Nous cautionnons pleinement le point de vue de l’ASA ci-dessus. Gageons que le peuple Suisse ne tombe pas dans le panneau d’un oui Ă  cette Ă©nième initiative aux consĂ©quences dramatiques pour la qualitĂ© des soins et pour le futur de nos primes.
Gilbert Michel, conseiller indépendant